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Souvenirs Enghiennois - Les Commerces

Souvenirs Enghiennois-Les Commerces

Du temps de leur enfance la rue du Général-de-Gaulle se nommait sobrement la Grande Rue.

Les commerces de bouche y tenaient une grande place, et parmi ceux qui marquèrent l’âge tendre des séniors enghiennois figurent les boulangeries, lieux de rêveries gourmandes autant qu’espace de liberté et symbole de confiance parentale. Parmi elles, la Boulangerie Dagonnaud demeure un incontournable de la ville.

Dans la grande rue, siégeaient ainsi le marchand de charbon, le volailler Duclos dont l’étalage donnait sur le trottoir et qui à l’époque de la chasse se garnissait avec opulence de lièvres, de faisans et de sangliers suspendus à des crochets, le marchand de chaussure Wasser,  le restaurant le Balto, le magasin de musique Bourgain tenu de père en fils jusqu’aujourd’hui.

Boulevard D’Ormesson, la Ménagère, quincaillerie qui vendait de l’électro-ménager de toutes sortes était après guerre, un immanquable pour équiper son intérieur.

En face de Paysans-Leduc, se trouvait le petit cinéma du lac, dont la salle était entièrement construite en bois. Boulevard. A l’angle de la rue Mora, trônait un magasin singulier, un marchand de parapluie dont la spécificité était de redonner vie aux poupées brisées. A côté de l’église les enfants ne manquaient pas d’aller faire un tour au un magasin de farce.

L’Epicerie Jouanne - Madame Françoise Poulain

« Mes grands-Parents étaient commerçants dans la Grande Rue, aujourd’hui appelée Rue du Général de Gaulles, au numéro 45. Ils ont tenus pendant plus de quarante ans, jusqu’en 1922 un commerce d’épicerie à l’ancienne. Il y avait l’épicerie traditionnelle,  thés, chocolats, desserts, biscuits, sucre, vins naturels vins fins, sirops et spiritueux, vins de Champagne toutes marques, huile, savons,  biscuits, sucre, mais ils faisaient également la location de porcelaines et cristaux, articles de pêche et  même des biscuits pour chiens. Je me souviens que tous les produits arrivaient en vrac, c’était donc mes grands-parents qui confectionnaient les lots et petits paquets. Dans l’écho d’Enghien du 20 janvier 1972, Mr« La Batide-Alanore », se remémore l’épicerie Jouanne. Quotidiennement, avec 2 sous, il allait à 13 heures déranger mon grand-père à l’heure de son déjeuner pour acheter deux petites cerises rouges en sucre comportant une petite trompette et il partait avec ses bonbons à l’école. »

Le Centre ville des années 40 - Madame Detouche

«  Je suis fille de gérants d’une alimentation fine. Angisboust petit commerçant de Sannois, devenu grossiste de la région, avait une gérance à Enghien que ma mère a prise. Lorsque mon père est revenu de captivité il a lui aussi travaillé à la boutique. Nous étions situés dans la grande rue, aujourd’hui 31 rue du Général de Gaulle face à la boutique Marie Kimberlain. En face, nous avions un charcutier, la maison Perdria tenue de père en fils, à côté d’eux il y avait un confiseur. De notre côté nous avions un café ainsi que la maison Tible qui vendait des meubles. Il y avait également à côté de Mac Donald la boulangerie Dagonnaud et le marchand de volaille Toulain.  Je me souviens que durant la guerre nous devions garder les tickets de rationnement pour les transmettre aux autorités. Ma mère était responsable des commandes et choisissait les articles dont nous avions besoin, et elle s’appliquait particulièrement à faire la vitrine. »

La Reine des commerçants - Madame Decouche

« J’avais été élue demoiselle d’honneur de la reine des commerçants. C’était mes amis qui m’avaient inscrite au concours. A l’époque c’était l’occasion d’un bal de société où il y avait les personnes de la municipalité. »

Une vie de marché - Mr. Desponts – volailler au marché d’Enghien-les-Bains

« J’ai débuté sur le marché d’Enghien officiellement en 1953. Je suis tombé gravement malade, et j’ai perdu un rein. De ce fait, j’ai pris beaucoup de retard à l’école et je n’arrivais plus à suivre. Mes parents m’ont donc proposé de les aider dans leur commerce. En effet, mon père était sur le marché d’Enghien depuis 1945, juste après être revenu de la guerre où il était prisonnier. J’ai toujours aimé le marché, mais au départ, j’étais réservé et un peu timide. Le marché m’a beaucoup enrichi, les clients vous enseignent ce que vous n’avez pas appris à l’école, on apprend à parler, à plaisanter aussi. A l’époque les marchandises n’étaient pas travaillées de la même manière qu’aujourd’hui, les expéditeurs tuaient leurs volailles et les plumaient eux-mêmes. Je me souviens de jours de marché et de leur vie alentours dans les cafés, comme des moments très conviviaux. »

Modiste, un commerce oublié -  Madame Noyal

« Ma mère était modiste, elle tenait donc un magasin de chapeau. Nous sommes ici en 1945 devant sa boutique située au 15 bis rue du général de Gaulle, avec ma mère, mes deux sœurs ainées et mon petit frère pierre. »

 

Magasin de Modiste
L'épicerie Jouanne
L'épicerie Jouanne
Mr. Desponts – volailler au marché d’Enghien-les-Bains
Le marché d'Enghien-les-Bains
Mr. Desponts – volailler au marché d’Enghien-les-Bains
La Reine des Commerçants
La Reine des Commerçants