Préserver la biodiversité : le programme Abeille sentinelle de l'environnement

ruche discours du maire

Par l’installation d’un rucher au Parc Sainte-Jeanne en avril 2010, la ville agit pour la biodiversité. Cette action va de pair avec les pratiques du service des espaces verts qui n’utilise plus de pesticides dans les jardins de la ville. Les plantes à vocation apicole pourront être privilégiées. Le rucher est installé au fond du parc, à 50 mètres minimum des habitations, il sera signalisé afin d’informer les visiteurs.

rucheLe rucher ne sera pas accessible et sera clôturé par un mur d’un mètre quatre-vingt de hauteur, pourvu d’une baie vitrée qui permettra d’observer les abeilles. Le rucher ne présentera ainsi aucun danger pour les enfants fréquentant le parc, ni pour les riverains puisque contrairement aux idées reçues, l’abeille n’attaque pas l’homme (ce qui n’est pas toujours le cas des guêpes). Elle n’est pas agressive et ne pique pas volontairement (à moins de se sentir en danger), et l’espèce choisie pour le parc est particulièrement calme. Le rucher comprendra ainsi six ruches qui chacune peuvent accueillir de 20 000 à 60 000 abeilles. Les ruches seront entretenues et surveillées par une équipe d’apiculteurs bénévoles du Val d’Oise, qui pourront réaliser des démonstrations auprès des enfants.
Une fois colonisées, les abeilles vont pouvoir aller butiner et polliniser dans un rayon de 3 km. Chaque jour, elles peuvent ramener à la ruche le nectar et le pollen de plus de 225000 fleurs présentes dans leur champ d’action. En Ile-de-France, l’abeille la plus représentée est l’abeille caucasienne qui est très travailleuse et réalise une bonne récolte. Chaque ruche peut ainsi produire entre 20 et 50 kg de miel. La première récolte du miel interviendra à la mi-septembre. Les enfants des écoles pourront alors confectionner des étiquettes pour les pots de miel, participer à des ateliers de création de bougies avec la cire d’abeille… Ce programme comprend également des analyses polliniques effectuées par l’UNAF afin de connaître l’identité et la diversité des plantes visitées par les abeilles. On constate que la biodiversité est parfois plus riche au cœur des grandes métropoles que dans de nombreuses zones de grandes cultures devenues de véritables déserts écologiques.

L’Abeille, sentinelle de l’environnement
Lancé par l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF) en 2005, le projet Abeille, sentinelle de l’environnement vise à lutter efficacement contre la disparition massive des abeilles en France et dans le monde. Grâce à l’installation de colonies d’abeilles dans les villes, l’UNAF rapproche l’abeille des citoyens et la place au cœur des villes, comme « Sentinelle de l’Environnement » ! Au travers de ce programme national de sensibilisation, c’est la survie de l’abeille et la reconnaissance de son action dans l’environnement qui sont défendues par l’UNAF.

vue sur les ruches L’abeille au cœur du dispositif de protection de l’environnement

En 10 ans, 14 milliards d’abeilles ont été tuées en France. 2000 à 3000 apiculteurs cessent leur activité chaque année, du fait de la culture intensive (diminution de la diversité des plantes) et de l’utilisation d’insecticides, pesticides, fongicides… L’urbanisation croissante, le non respect des écosystèmes, l’assèchement des zones humides appauvrissent et détériorent les ressources en nectar et pollens nécessaires au développement de l’abeille.

« Si 80% des espèces de plantes à fleurs et à fruits sont pollinisées par les abeilles, 20000 plantes en Europe seraient menacées par la perte des abeilles » explique-t-on à l’UNAF. Les abeilles ont donc un rôle essentiel dans le maintien de notre biodiversité et par là même de notre survie puisque 35% de la quantité de notre alimentation et 65% de sa diversité dépendent de la pollinisation par les abeilles. De manière plus générale, la biodiversité rend à l’homme des services dits éco-systémiques :

  •     services d'approvisionnement, qui nous permettent de nous nourrir, nous vêtir, nous soigner…
  •     services de régulation, sur le climat, les inondations…
  •     services culturels, avec les paysages, les lieux de loisirs…
  •     services d’appui, avec le cycle des éléments nutritifs, permettant la formation d’humus qui enrichit les sols…


Bien qu’il soit encore difficile d’évaluer économiquement ces services, la préservation de la biodiversité est un enjeu majeur du XXe siècle.

Signature de la Charte « L’Abeille, Sentinelle de l’environnement »
vue sur les ruches 2En soutenant le projet de l’UNAF de sauvegarde de la biodiversité et des cultures, la Ville comme de nombreux partenaires institutionnels s’engage à signer une charte. Plus que jamais, en cette année internationale de la biodiversité, l’UNAF souhaite faire de la sauvegarde de l’abeille une cause nationale.Le 19 juin prochain, l’UNAF organisera à travers toute la France : la Journée nationale de l’Abeille, Sentinelle de l’Environnement, l’APIday.

Par la signature de la Charte la ville s’engage à :

  •     Soutenir l’action de l’UNAF auprès des pouvoirs publics pour obtenir une véritable protection de l’abeille
  •     Exiger une stricte application de la directive 91/414 en matière d’homologation des produits phytosanitaires
  •     Favoriser une agriculture réellement respectueuse de l’environnement
  •     Ne pas utiliser de produits phytosanitaires toxiques pour les abeilles dans les parcs et jardins ou terrains appartenant à notre collectivité
  •     Ne pas procéder à la mise en culture de plantes génétiquement modifiées
  •     Favoriser l’implantation et la mise en cultures de végétaux à vocation pollinifère et nectarifère
  •     Favoriser l’information en direction des agriculteurs
  •     favoriser l’installation de nouvelles colonies et de nouveaux apiculteurs
  •     favoriser la connaissance de l’abeille et de l’apiculture
  •     Promouvoir le rôle de l’abeille et de l’apiculture
  •     Promouvoir le rôle de l’abeille comme sentinelle de l’environnement
  •     Promouvoir les produits apicoles du terroir et les recherches dont ils peuvent faire l’objet
  •     Favoriser les échanges entre apiculteurs sur le plan international.

 signature de la charte
Près de 40 kg de miel récoltés
Inauguré en avril 2010, la première récolte du rucher a eu lieu le 30 septembre dernier, en présence des élèves de CM2. Avec Pierre Morel, apiculteur référent du rucher, les enfants ont pu comprendre comment le miel est stocké dans la ruche, ils ont eux même désoperculés les cadres à l’aide d’une lame avec laquelle ils ont raclé les cadres. Ensuite, les cadres ont été mis dans un extracteur qui par la force centrifuge fait tomber le miel. Il ne reste plus qu’à le récupérer et à le déguster.

Les enfants ont proposé plusieurs noms pour le miel d’Enghien-les-Bains :

  •     Enghien Source de Miel
  •     Le miel d’Enghien
  •     Le miel de la ruche
  •     Les fleurs de miel
  •     Le miel des Thermes
  •     Les ruches d’Enghien
  •     Le miel en or
  •     Les ruches du Lac
  •     Les abeilles d’Enghien
  •     Abeilla
  •     Délice-Miel
  •     Délimiel
  •     Perle de miel
  •     Le rucher d’or
  •     Apimiel


récolte du mielC’est Enghien source de miel qui a été retenu. Les étiquettes des pots de miel porte leurs dessins.

Un miel multi fleurs…
La convention passée avec l’UNAF a permis de procéder à une analyse du miel. Ainsi, nous savons que les abeilles du parc ont butiné….

Des ruches intégrées dans nos villes
En plaçant les ruches en ville, l’UNAF intègre l’abeille dans l’espace urbain, se rapproche des citoyens et dispose ainsi de l’écoute et de la proximité du plus grand nombre pour sensibiliser le public à cet enjeu fondamental pour notre environnement. Même si cela peut paraître paradoxal, les colonies d’abeilles vivent aujourd’hui mieux en ville en raison de l’absence de traitements phytosanitaires lourds, d’une température légèrement supérieure à celle de la campagne et d’un enchaînement de floraisons souvent plus régulier qui permet un butinage plus long et sur une grande diversité de fleurs. Chacun peut participer à la vie du rucher en limitant l’utilisation de produits phytosanitaires dans les jardinières des balcons et dans les jardins. Pour aller plus loin : www.unaf-apiculture.info

En chiffres*

  •     Une abeille pèse à vide 80 à 100 mg ; charge maximum d’une abeille : 70 mg.
  •     Une reine pond jusqu’à 2000 œufs par jour, 130 000 par an et 500 000 dans sa vie.
  •     L’abeille vit en moyenne 20 à 35 jours, l’abeille hiver : 170 jours et plus.
  •     Une colonie, c’est 10 à 80 000 abeilles.
  •     En une journée, une colonie de 40 000 abeilles, dont 30 000 butineuses, visite 21 millions de fleurs, soit 700 fleurs par abeille. Soit pour 20 000 butineuses d’une ruche : 14 millions de fleurs visitées quotidiennement.
  •     Une butineuse récolte 40 mg de nectar, ce qui donnera 10 mg de miel et 20 mg de pollen.
  •     Nombre de voyages nécessaires pour ramener un litre de nectar : 20 à 100 000.
  •     Nombre de voyages nécessaires pour obtenir 10 kg de miel : 800 000 à 4 millions.


*Statiétiquette miel "Enghein source de miel"stiques ministère de l’Agriculture

abeillesProtection des abeilles
Vous pouvez aider les abeilles en cultivant dans votre jardin des plantes mellifères, riches en pollen et en nectar. Pour cela, il faut choisir des espèces comme l’aubépine, l’acacia, le robinier, le tilleul ou le châtaignier qui fleurissent à différentes saisons. Et pour ceux qui ne disposent que d’un balcon ou d’un rebord de fenêtre, vous pouvez semer des coquelicots, des marguerites ou des trèfles dans vos jardinières : ces insectes en raffolent.