Le CCAS, garant de l'accès au bien-être

À travers les missions de son Centre Communal d’Action Sociale, Enghien-les-Bains veille au bien-être de ses administrés les plus fragilisés. Entretien avec Patrick Revailler, maire adjoint délégué au social, au logement et au troisième âge.

  • REFLET : QUEL EST LE RÔLE DU CCCAS ?

PATRICK REVAILLER : « Le CCAS est un établissement public autonome avecun budget qui fonctionne grâce à une subvention communale et des recettes propres. Ces dernières proviennent des aides institutionnelles, des activités du CCAS, de dons et de legs ou de recettes de la SEETE. Le maire Philippe Sueur préside le conseil d'administration qui est composé pour moitié d’élus et pour moitié de représentants d’associations à but social. Son rôle est la mise en place de la politique sociale de la Ville, à travers le soutien aux associations à caractère social comme l’AMAD, la Maison du lac, EPI et un large panel d’associations locales et nationales, ainsi que l'exécution de ses missions légales, telles que l’aide aux familles, l’aide pour les travailleurs (RSA) régie par une convention avec le département, l’insertion. C’est une mission qui nous est confiée par la Ville car depuis un décret du 6 mai 1995, les communes sont tenues d’avoir un CCAS. Notre rôle consiste aussi à fournir une aide pour remplir les formulaires administratifs : l’assurance que les dossiers soient complets. C’est un engagement de la Ville pour mieux aider nos concitoyens, au plus près. »

  • REFLET : COMMENT S’ORGANISE LE CCAS ?

PATRICK REVAILLER : « Le Point Senior propose certaines activités en complément d'autres associations. Nous recevons les seniors et leur famille afin de les orienter vers les aides, les associations dédiées, l’assistance médicale, l’information sur les maisons d’accueil, le suivi des personnes chez elles (portage de repas, visites à domicile, informations sur la sécurité...). Il s’agit de rompre l’isolement et de prendre en compte cette réalité : plus de 20 % de la population a plus de soixante ans. Nous réfléchissons aussi aux loisirs orientés vers le quatrième âge qui demande un accueil qui diffère de celui d’associations comme la Retraite Sportive. Il existe une aide personnalisée à l’autonomie. Il faut aussi déculpabiliser les familles qui doivent faire face à l’allongement de l’espérance de vie. Nous les accompagnons dans ces démarches difficiles. Parmi les autres missions confiées, le Point handicap reçoit les familles et assure avec elles l’établissement et le suivi des dossiers sur des questions comme le logement, en lien avec les bailleurs, ou l'insertion professionnelle des personnes touchées par le handicap. Les normes évoluent vite et les familles ne peuvent suivre et encore moins faire face à des besoins d'appareillage comme par exemple un fauteuil roulant à 18 000 €.
Le Point emploi a un rôle différent du pôle emploi car nous travaillons avec des personnes qui ont d’importantes difficultés (addictions, maladies) et qui nécessitent un accompagnement renforcé, très individualisé. Nous sommes attentifs à chaque parcours, ainsi qu'aux difficultés du logement. Car comment est-il possible de trouver un logement lorsqu’on n'a pas d'emploi ? C’est une spirale. Il s’agit de permettre à une personne de se réinsérer dans un rythme de vie professionnelle. Nous sommes également accompagnés par une assistante sociale et une conseillère en économie sociale et
familiale du Conseil général. La protection de l’enfance est une compétence du Conseil général, mais nous pouvons intervenir sur des dossiers de cantine ou des activités périscolaires comme les séjours face à une situation de plus en plus présente, la fragilité de la famille monoparentale. Nous constatons aussi la difficulté d’accès aux soins. C’est un axe de travail sur lequel nous travaillons pour nous adapter aux difficultés de la population. Il est en effet difficile de prendre en charge une prothèse avec les mutuelles. Nous tentons d'aider les familles par un conseil et un suivi budgétaire pour reconstruire une capacité financière. Nous constatons que deux catégories de personnes sont fragilisées aujourd’hui, les jeunes de moins de 25 ans pour qui peu de dispositifs sont prévus, ainsi que les cinquantenaires qui vivent un licenciement économique. Pour ces derniers, il y a parfois un décalage de durée entre l’application des droits Assedic et la retraite qui vient plus tard. C’est une baisse des rentrées d’argent qui peut avoir un effet désastreux.
»

  • REFLET : LE LOGEMENT EST UNE AUTRE PRIORITÉ ?

PATRICK REVAILLER : « Le Point logement est géré par deux personnes à temps plein pour l’accueil, la constitution des dossiers d’attribution, le traitement en cas de sinistre ou le respect de la loi Dalo, loi sur le Droit Au Logement Opposable. Nous devons faire face à plusieurs paradoxes à Enghien comme la typologie du logement en fonction de la structure familiale. Nous sommes en relation avec le service urbanisme pour définir les besoins en type de logement. La ville a une bonne renommée. Les familles recherchent en priorité un logement à Enghien ! Nous sommes aussi en relation avec le service hygiène et santé sur toutes les questions de salubrité. En cas de logement insalubre, le service doit visiter chaque logement.
Face à une difficulté pour payer un loyer, la prévention est nécessaire quelques mois avant. En novembre 2011, nous en étions à 570 rendez-vous pour 452 dossiers. La spécificité du CCAS d’Enghien, c’est le suivi très précis de l’historique de chaque dossier. La question du logement est liée à l’évolution sociale qui a vu les ressources augmenter beaucoup moins vite que les loyers. Le phénomène des départs à la retraite nécessite aussi une anticipation de chacun et la prévision d’un changement d’adresse dans un logement moins coûteux. L’autre spécificité enghiennoise est le manque de mobilité, de fluidité. Les gens apprécient Enghien et veulent y vivre, quitte à refuser des propositions dans d'autres villes. Le choix de structuration du CCAS répond à une logique : dans un même pôle, une personne peut être reçue à la fois pour le logement et l’emploi. C’est un effort mené à Enghien-les-Bains pour appréhender l’ensemble des problèmes auxquels une famille est confrontée. Le retour à l’autonomie a plusieurs angles d’entrée. L’effort doit se porter sur l’employabilité, le logement, les ressources...
»

  • REFLET : QUEL EST LE CONTEXTE SOCIAL ?

PATRICK REVAILLER : « La commission d’aide sociale mène une réflexion à deux niveaux. Elle étudie la pertinence des dossiers et agit à la fois pour une aide dans la durée mais aussi face à un contexte précis qui nécessite une aide ponctuelle. Nous observons une situation de plus en plus fréquente de familles monoparentales fragilisées par un seul salaire. Une intervention ponctuelle du CCAS est parfois nécessaire avant que les situations ne deviennent irrémédiables. En amont, les travailleurs sociaux étudient toutes les solutions préalables. Enfin, en ces périodes de grand froid, un travail est réalisé avec la police municipale pour des tournées, jour et nuit. La police informe le CCAS, qui intervient en gardant le contact avec la Croix Rouge. En grand froid comme en période de canicule, nous pouvons visiter les personnes sept jours sur sept, de 7h à 21h. »

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