-A A +A

Indie Guides, l’art de voyager autrement

Indie Guides, l’art de voyager autrement

Entretien avec Anne Le Gal co-fondatrice avec Gary Monginod d’Indie guide, l’application qui permet de visiter une ville par ses lieux de culture alternative, récemment classée 4e par US TODAY.

Quelle est la genèse de votre application Indie Guide ?

Nous faisons parti de cette génération qui a profité des vols low coast et étions frustrés par les guides papiers qui ne permettaient pas de découvrir les lieux fréquentés par la population de notre âge pour boire un verre ou écouter de la musique. Nous pensions qu’une série se créerait, mais 10 ans après cela n’existait pas, donc nous l’avons faite, car avec Gary Monginod, nous avons deux profils complémentaires. J’ai un parcours de journaliste et lui de développeur. Nous avons tout de suite eu conscience qu’il fallait trouver des personnes sur place pour nous aider à écrire de peur de retomber dans les travers des autres guides. Comme nous sommes musiciens, et nous occupons d’un petit label, nous avons contacté des connaissances. Ainsi, nous avons lancés en Février 2015 6 guides, écrits par des artistes que l’on connaissait ou recommandés et aujourd’hui nous en avons 13. De façon pratique, il y a 50 adresses sur la ville. Sur 2016 nous avons prévu d’en sortir un par mois, les prochains seront Los Angeles, Toronto, Barcelone, New York.

Chaque guide est écrit avec un artiste, n’avez vous pas peur que ceux-ci ne voient que par leur propre prisme artistique ?

Il y aura une coloration selon l’artiste sur quelques petits lieux mais nous avons une ligne éditoriale très forte, centrée sur les scènes de musiques indépendantes. Quelque soit le profil avec lequel on collabore nous gardons cette ligne. D’ailleurs chaque guide est accompagné d’une playlist pour découvrir la scène locale, réalisée soit par l’artiste soit par l’un des lieux du guide. Notre but est qu’une personne qui a lu un guide sache ce qu’elle peut attendre d’une autre édition, qu’il n’y ait pas d’effet déceptif.

S’agissait-il de retrouver une forme d’authenticité, de contact humain comme de proposer des bons plans peu onéreux?

Il y avait cette idée que les lieux touristiques ont quelque chose de faux, un manque de rapports sincères et l’envie d’être plus en immersion. En allant tester le guide de Rotterdam, l’un des premiers sortis, nous avions la curiosité de vouloir vérifier si cela permettait de rencontrer de nouvelles personnes. On a testé presque toutes les adresses incognito, comme deux touristes. Il était midi lorsque nous sommes descendus du train, il y avait dans l’application un rooftop à côté de la gare. Les gens ont été très surpris de voir des touristes! La conversation s’est faite naturellement, tout le monde nous conseillait et on a eu de vrais échanges. Il y a également l’envie de faire découvrir des lieux étonnants, souvent ce sont des troquets, des petites scènes, et tous sont très abordables car ce sont ils participent d’une certaine vie de quartier.

Entre l’idée et la réalisation il s’est passé 10 ans, avez vous attendu le développement de la technologie, la popularisation du Smartphone pour développer ce guide ?

Il y a 10 ans nous nous étions rendus compte que le format papier nous bloquait puisque la culture alternative est fragile et bouge énormément. Ce sont des lieux qui parfois, ferment du jour au lendemain suite à une petite crise. Nous faisons des mises à jour constamment, car les lieux tournent rapidement. Avec l’application mobile ce problème se résolvait, de plus il y a un aspect pratique et une interactivité importante.

Quand êtes-vous arrivés au Numéric Lab et pourquoi avoir choisi particulièrement cet incubateur ?

Nous sommes arrivés en septembre, une de nos connaissances qui avait travaillé ici, nous avait parlé du Numéric Lab. Nous habitons Paris donc nous aurions pu nous tourner vers un incubateur parisien mais le Numeric Lab proposait un centrage fort sur les problématiques de culture, de tourisme, du numérique, de mobilité, qui correspondait à notre activé. De fait nous nous sommes dit que c’était la structure la plus adaptée à notre projet d’autant que nous cherchons toujours de nouveaux artistes avec qui collaborer. Enfin, le monde des incubateurs n’était pas naturel pour nous et nous avions l’impression qu’il y aurait une compréhension plus forte de la part des acteurs qui nous entoureraient. En termes de réseau, il y a une vraie ouverture. Juste avant qu’on arrive nous sommes partis à Montréal, et tout de suite les équipes du CDA, Dominique Rolland ont ouvert leurs carnets. En outre, à coté d’Indie Guide, il y a une volonté d’ouverture sur un réseau d’acteurs publics et économiques locaux, notamment par le lien avec la cavam et le technopole.

Quels sont vos projets, pensez vous ouvrir le guide à un pays, pour permettre la découverte de certains lieux de province ?

Notre stratégie est centrée sur l’idée de développer les guides pour des villes. Sur les villes de taille moyenne, nous mettons en place une offre pour pouvoir travailler avec celles qui voudraient intégrer la série des guides de taille moyenne. A coté de cela nous allons lancer un blog en mars, avec des articles sur des villes de taille moins importantes. Pour les années à venir on est en train de travailler sur un format papier, sous forme de carte, avec des interactions avec l’application. On pourra flasher tous les lieux, l’application précisera s’il a disparu, les transports en commun pour y aller ect…Il s’agit d’utiliser le meilleur des deux mondes pour avoir un outil le plus pratique possible.

Contact: 

Infos pratiques / Contacts: 

numericlab@cdarts.enghien95.fr (link sends e-mail)
01.30.10.85.59