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Ediogames, un pari d’ami.

Ediogames, un pari d’ami.

Rencontre avec Nicolas Eskenazi, Game Designer et fondateur d’Ediogames studio de jeu vidéo indépendant, né à Enghien-les-Bains et incubé au Numéric Lab.

Comment est né le studio de jeu vidéo Ediogame ?

Ediogames est un studio de jeu vidéo indépendant fondé entre amis, il y a deux ans. Nous avions trois profils différents, Hugo est développeur, Franck est animateur et directeur artistique et moi dans la communication et le Game Design. Nous avons commencé à travailler sur notre projet de jeu The Ultimatest Battle en se réunissant les uns chez les autres, une fois par semaine jusqu’à venir y travailler à temps complet. L’équipe s’est agrandie puisque nous comptons aujourd’hui 7 membres. Ediogame est aussi une Web Agency, c’est à dire que nous concevons également sites internet, animations 2D, mini-jeux, et applications. Une activité qui nous permet de nous rémunérer et d’investir dans notre studio, de financer les serveurs et le matériel pour parcourir les salons et nous faire connaître.

Comment le Numéric Lab s’est-il présenté à vous et que vous a apporté cet incubateur ?

Cela faisait un an que nous étions dans un local proche du marché d’Enghien, une annexe d’agence d’architecture appartenant au père de notre graphiste. Nous avions besoin d’espace, d’être dans un milieu plus professionnel et surtout d’une bonne connexion internet. Nous cherchions une structure lorsque la mère de notre graphiste a vu sur Reflet qu’un incubateur allait ouvrir au centre des arts. Etant tous natifs et habitants des environs, nous connaissions bien ce lieu et avons sauté sur l’occasion, car il nous offrait un grand bureau indépendant, nous restions près de la gare et de Paris, et il nous permettait de rencontrer d’autres acteurs de l’économie numérique. Avec l’ouverture du Numéric’Lab, nous avons gagné en notoriété, et développé nos contacts professionnels. Il y a une véritable entraide entre incubés et ce partage d’expérience est enrichissant et indispensable pour nous qui sommes une jeune entreprise.

En quoi consiste votre premier jeu, The Ultimatest Battle ?

The Ultimatest Battle est un jeu multi-joueurs en ligne, ou il s’agit de s’affronter dans un univers en 2D. Des personnages de différentes classes s’affrontent en équipes simultanément sur un terrain destructible comme dans les Worms, via des objets qu’ils possèdent. Il s’agissait de faire un melting-pot de plusieurs jeux que nous adorions et de concevoir ce que l’on appelle un Free to play en opposition au Pay to win. Dans le Pay to win les joueurs achetant des objets peuvent prendre l’ascendance sur ceux qui jouent gratuitement. Nous souhaitions nous inscrire dans une démarche de Gameur plus juste, ou la collaboration plus que les armes, peut permettre de gagner. Notre jeu est encore en version Bêta, mais bénéficie d’une petite communauté de joueurs en ligne qui néanmoins est limitée à la langue et horaire français. Actuellement nous le finalisons, élaborons les traductions et souhaiterions créer une intelligence artificielle pour permettre un accès quelque soit le nombre de personne en ligne. Nous allons aussi être présent sur une plateforme qui héberge des jeux vidéos pour pc ou mac : Steam.

En terme de processus de création,  quels sont les univers qui vous ont inspirés pour The Ultimatest Battle ?

J’avais eu l’idée d’un jeu de rôle sur plateau, et c’est pour ce projet que nous nous étions réunis puisque nous souhaitions en faire une version jeu vidéo, mais très vite le projet s’est avéré complexe. De ce fait, nous nous sommes rabattus sur un concept de MMO-RPG (Jeu de rôle ; multi-joueurs) née de notre développeur qui souhaitait élaborer une forme de Worms plus dynamique avec un système de classe comme dans Team Fortress. La 2D était un choix artistique, car c’est une esthétique qui nous correspondait et nous permettait de faire référence à nos jeux favoris. De là, nous avons dessiné les personnages, fait les premières animations, premiers tests, affiné notre direction artistique jusqu’à la mise en ligne puis notre première Japan Expo en 2013 où l’on a constitué notre noyau de joueur.

L’animation d’une communauté est indispensable pour un jeu en ligne, comment entretenez-vous le lien avec vos joueurs ?

Les salons nous permettent de rencontrer nos joueurs et nous avons un forum sur lequel nous scrutons les remarques. Nous essayons de donner un maximum de news et créons des évènements en fonction du calendrier comme Halloween, le calendrier de l’Avent et Noël, c’est ce qui ramène les anciens. Il est aussi possible de nous ajouter dans les listes d’amis du jeu. Certaines fonctionnalités ou armes, sont nées grâce aux internautes.

Une déclinaison Smartphone, tablette ou l’intégration à un réseau social sont-ils envisageables ?

Oui, mais pour des raisons techniques il est pour le moment impossible de mettre cela en place car la synchronisation parfaite entre les joueurs est difficile en 2D. Néanmoins, nous pensons pouvoir mettre en place un certain nombre de petits jeux pour joueurs solos. Depuis peu nous avons une version navigateur sur notre site, c’est à dire que les joueurs ne sont plus obligés de télécharger entièrement le jeu et peuvent s’amuser directement sur internet. Néanmoins, de par notre esprit gameur et free to play, une application Facebook ne nous semble pas adéquat.

Quelle est votre actualité pour les prochains mois ?

Nous avons travaillé pour le festival Plein les mirettes au centre des arts pour lequel nous avons créé un peut jeu multi-joueurs où les tablettes deviennent les manettes d’un jeu sur écran. En décembre nous étions au Toulouse Game Show et a priori nous serons en début d’année à la Made in Asia. Nous participons au Geek Féeries cet été, festival en plein air et peut-être également aux Bains Numériques. Enfin, nous espérons une sortie de notre jeu notamment sur la plateforme Steam, le plus vite possible.