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Souvenirs Enghiennois-L'école

Souvenirs Enghiennois-L'école

Les séniors enghiennois partagent leurs souvenirs d'école, avec nostalgie.

Le Groupe Scolaire d'Ormesson est scindé en deux. Un bâtiment pour les garçons, un bâtiment pour les filles. Les cours de récréations sont séparées par un mur. Les garçons d'un côté du mur, les filles de l'autre.
 Une ouverture permet aux deux cours de communiquer (et aux garçons de regarder ce qui se passe chez les filles. Et vice versa).

Chaque établissement comporte un cours primaire et un cours complémentaire (de la sixième à la troisième), et selon les besoins, une section commerciale et une section Industrielle pour les garçons.
 Ponctuellement, il peut exister une classe préparatoire à l'Ecole Normale d'instituteurs après la troisième. En fin de CM2, les élèves ont la possibilité de passer un examen pour passer en classe de 6°, soit en Cours Complémentaire, soit en Lycée. Sinon les élèves continuent leur scolarité pour le Certificat d'Etudes en trois ans

Issues de l'Enseignement Primaire Supérieur, ce sont des classes, non mixtes, de la sixième à la troisième, annexées à l'Ecole Primaire. Les enseignants n'ont pas la formation universitaire des professeurs du second degré. Ce sont des anciens maîtres du primaire. Leur enseignement est proche des élèves. Le travail scolaire est encadré et contrôlé de près. Les Cours Complémentaires seront remplacés par les C.E.G, Collèges d'Enseignement Général, en 1959. Côté rue des écoles il existe un petit bâtiment accolé à l’école des garçons. Il abrite deux ateliers, un pour le travail du bois et un pour le travail du fer. Des cours de formation sont dispensés aux élèves.

Le lycée mixte, annexe du lycée Claude-Bernard

Le Lycée d'Enghien a ouvert ses portes en 1947.
 Il occupe le Château d'Enghien et son parc, un pavillon de gardien à l'entrée, avenue de Ceinture, et des dépendances qui sont utilisées comme salles de cours, notamment Musique.
 C’est un Lycée Pilote qui se propose de mettre en pratique les méthodes, très innovantes à l’époque, des "classes nouvelles" initiées par Gustave Monod. Le professeur circule autour des élèves 
- pas de notes, des appréciations.
- beaucoup de participation demandée, beaucoup d'oral, de visites et de recherches. 
Les professeurs, en fonction de leur spécialité, emmènent leurs élèves au théâtre (TNP) ou visiter une usine. 
Un professeur de musique parvient forme une chorale qui interprétera avec d'autres lycées "Les quatre saisons" de Joseph Haydn au Châtelet. 
Un professeur de travaux manuels apprend aux élèves à travailler le cuir, le rotin ou la feutrine. 
Les professeurs d’éducation physique forment des équipes qui affrontent d’autres établissements scolaires, notamment en basket.

Le centre d’apprentissage

Le Centre d'Apprentissage est situé avenue de Ceinture, face au Casino et au Jardin des Roses.
 Monsieur Calvaire en a été le Directeur.
 Les métiers enseignés sont l'ajustage, l'électricité, la serrurerie, la maçonnerie, la plomberie, la peinture, la menuiserie et la charpente. 
L'effectif est de trois cents élèves en moyenne. 
Les ateliers et les classes sont hébergés dans des préfabriqués devant le Casino. A la rentrée 1956, les élèves charpentiers du Centre intègrent de nouveaux locaux situés en face du Lycée Claude-Bernard. Les autres sections suivront l'année suivante. Le Kursaal, en face du Jardin des Roses, abrite le bureau du Directeur ainsi que quelques classes et bureaux administratifs
. L'atelier de peinture est au premier étage.

Le cours Notre Dame, boulevard Sadi-Carnot

Une personnalité originale du Cours Notre-Dame
, François Balsan : Auteur d'un dictionnaire latin-français publié en 1935 dont l'originalité est de donner l'étymologie, les synonymes, les homonymes et les paronymes de chaque mot. François Balsan est une figure originale qui considère apparemment qu'il doit parler de philosophie et de politique en plus du latin qu'il enseigne particulièrement intelligemment.

Le cours commercial Chardonnet

Monsieur Léopold Chardonnet, Expert Comptable, a créé ce Cours Commercial en 1949. Madame Chardonnet (Ellen Shapiro, d'origine irlandaise) en assure la Direction. 
Leur fille, Lyne Chardonnet, née en 1943, fut actrice de cinéma, théâtre et télévision.

Saint-Louis

Saint Louis est une école privée, primaire élémentaire de garçons avec un cours complémentaire située au 4, rue de Malleville. Les Directeurs sont Monsieur Speinnel puis Monsieur Roger Converset Mademoiselle Cosy s'occupe des petits.

L'école et la guerre - Hélène Barlet

« J’avais dans ma classe, une amie qui s’appelait Fortunée Hakim lorsque j’étais à l’école primaire d’Ormesson. En 1942, Fortunée alors âgée de 8 ans s’est fait arrêter, avec ses parents et sa soeur, par des soldats allemands, devant mes yeux. Leur nom de famille apparaît désormais sur le monument aux morts de la ville, le cimetière Nord. »

L'école et la guerre - Robert Larue

« Dans toutes les classes de la maternelle Piet, de 1941 à 1944, la photo du maréchal Pétain était accrochée au mur. Nous apprenions la chanson à la gloire, qui était une chanson de propagande. Le 4 octobre 1944, lorsque j’étais à l’école, un V2 (une bombe volante) est tombé sur l’église de Deuil-la-Barre, il n’y a eu aucun signal d’alerte. Avec le professeur monsieur Rossignol, nous sommes descendus dans les caves de l’établissement vers 11 heures et y sommes restés jusqu’en fin d’après-midi. »

La rigueur et la plume - Monique Pavani

« Lorsque j’étais à l’Ecole Communale, boulevard d’Ormesson, j’avais une institutrice qui me glaçait de peur: elle avait des cheveux roux avec un volumineux chignon perché sur le haut de sa tête. Nous avions tous les matins une « séance » que je détestais: Madame Auzelle annonçait à haute voix et trop vite à mon goût, des chiffres que nous devions soit additionner, soit soustraire, nous devions écrire très vite le résultat sur notre ardoise que nous devions lever très vite au-dessus de notre tête, et… gare à nous si le résultat était faux! J’étais tellement terrorisée que, soit mon résultat était faux, soit mon ardoise était vide de résultat… Nous avions un cahier du jour qu’il fallait tenir très propre, et des porte-plumes avec les plumes Sergent Major que l’on trempait dans l’encrier. L’écriture était penchée légèrement, moins toutefois que celle de mes grands-parents. Il fallait s’appliquer car écrire avec des plumes dont le becs s’écartaient sans crier gare… c’était le « pâté » garanti, assorti souvent d’une punition du style « faire 10 lignes sans pâté ». Mon cousin Jeannot, était un champion de ce genre de punition! Je me souviens que Maman, ma tante Jacqueline Beaufremez et grand-mère faute d’argent, et ayant d’énormes difficultés de ravitaillement, nous avaient inscrits à la cantine de l’école Communale: rutabagas à l’eau, nouilles grises à l’eau, poudre d’oeuf en omelette… Nous avions faim… »

L'épreuve de la lecture des classements - Jean-Pierre Brusle

« A la fin de chaque semaine avait lieu dans toutes les classes de l’Institution Moderne, la lecture des notes avec classement : moment important pour notre ego. Les meilleurs élèves recevaient la croix, plus ou moins riches suivant le mérite de l’élève; les plus belles étaient émaillées, les autres en simple métal blanc. A la fin de chaque trimestre, Mademoiselle Lucie descendait son appareil de projection et nous passait un film muet en noir et blanc, c’était la fête. Jusqu’en 1945, avaient lieu périodiquement des alertes qui nous obligeaient à descendre en procession au sous sol, le long de la cantine. Heureusement aucune bombe ne toucha l’école. Je me souviens en 7ème que le père Barquet essayait de nous inculquer un peu de solfège, à la même époque, j’eus maille à partir avec le Père qui nous enseignait l’instruction religieuse, mon cahier ayant disparu j’eus l’imprudence de dire à tort ou à raison que c’était le Père qui l’avait perdu, ce qui le piqua au vif, il me prit à part dans une classe vide et me demanda si je soutenais mes dires, ce qui le stupéfia, pour lui la présomption d’innocence n’existait pas. Sidéré il m’appliqua un soufflet magistral dont je me souviens encore. En mauvais Chrétien je ne tendis pas la joue gauche, mais j’ai constaté que « la raison des plus fort est toujours la meilleure ».

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